Zythotypo #2 — Gabriel Badin & Antonin Caussèque
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Zythotypo #2

À l’occasion de la 2e édition du Mai de la Typo, organisé par différentes structures de Saint-Étienne se proposant de mettre une nouvelle fois la typographie à l’honneur, La Brasserie Stéphanoise et l’atelier graphique Pers ont décidé de travailler à nouveau de concert! Cette initiative est une expérimentation autour du goût par des moyens tant zythologiques* que graphiques. L’intention étant, dans le prolongement du travail initié l’année dernière, de proposer un travail de recherche trans-disciplinaire autour de la fabrication de la bière et de l’utilisation de la typographie.   

Pour travailler sur une base commune autour de la question du goût, une sélection d’arômes a été opérée à partir de la subjectivité du brasseur. Le regroupement s’est fait sur la base d’un abécédaire. Cette transposition présente un lien certain avec la typographie, et permet d’envisager aussi la mise en place d’un répertoire, d’une collection d’arômes. Chaque arôme à été relié à une lettre de l’alphabet, par exemple à la lettre « V » a été associé l’arôme « épices piquantes ». Inspiré du travail de Meilgaard sur une proposition de classification des arômes de la bière, l’initiative s’articule ici, autour d’arômes définis et limité aux 26 lettres de notre alphabet latin. Graphistes et brasseurs partent donc d’une même lettre, d’un même arôme, pour en proposer une interprétation radicale dans leur domaine respectif.

Le brasseur a toute liberté par le biais de brassins réduits, d’expérimenter, tester et essayer des choses sans chercher à produire une « bonne bière » mais avec la volonté de susciter l’étonnement. L’envie est d’interpeller, voire de bousculer, de proposer une expérience sensible. Pensé comme un laboratoire ce projet est l’occasion pour le brasseur de mettre en valeur l’arôme sur lequel il travail selon sa propre vision et libéré de l’exigence commerciale.

Pour la partie graphique, le terrain de jeu s’axe sur le travail de la lettre et sur la manière dont elle s’adapte à la bière fabriquée. Le rôle de la lettre est de caractériser la bière, en essayant de créer des croisements entre certains attributs gustatifs et typographiques. Le prolongement plus utopique de ce travail de recherche serait de permettre par le biais du caractère présent sur l’étiquette de la bouteille, d’appréhender et d’identifier les singularités d’une bière avant d’en faire la dégustation.

Plus généralement, ce projet est aussi l’occasion pour le public de discuter convivialement autour des goûts et de la manière dont il est possible de se les approprier. Il y a une dimension ludique voir pédagogique pour le buveur qui va s’attacher à aller chercher tel ou tel arôme. Il paraît stimulant pour les participants à l’expérience d’essayer de décoder les croisements « zythotypologiques » et de retrouver l’arôme ayant servit de point de départ pour la fabrication de la bière et de son étiquette.

*La zythologie, ou biérologie, s’entend comme la science de la bière, au même titre que l’œnologie pour la science du vin.

 

À la Brasserie Stéphanoise, 15 rue Buffon.
• Entrée libre – dégustation 5 euros.

• Le samedi 17 mai de 17h30 à 22h30